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Revenons à des préoccupations plus locales.
Je n’aurais pas posé cette question un brin provocatrice quelques années auparavant mais l’actualité locale aux Pavillons-sous-Bois m’y pousse.
En quelques semaines, deux points concernant le commerce local ont été abordés au sein des commissions thématiques et du Conseil municipal.
Tout d’abord, notre délégataire de service public pour l’exploitation de nos marchés alimentaires nous a présenté son rapport annuel faisant apparaître des résultats moribonds, bien en deçà de ce que pourrait espérer une commune de 21 000 habitants. Certes, les habitudes de consommation ont évolué, les jeunes générations allant de moins en moins s’approvisionner au marché. Nous devons en prendre acte.
Le marché des Coquetiers, dont les infrastructures sont pourtant neuves, affichent des résultats en baisse constante depuis 2006. Lorsqu’un commerçant alimentaire abonné le quitte, il n’est pas remplacé, faute de candidat. Afin de revitaliser ce marché qui se déroule les mêmes jours que celui de la Basoche (mercredi et samedi matins) une proposition reste en suspend : celle de le transformer à terme en marché de produits bio.
Le marché de la Basoche a également subi des pertes considérables sur les commerçants dits « volants », de l’ordre de – 12,85 % par rapport à 2009. Seul le marché de Chanzy tire son épingle du jeu.
Il y a donc fort à parier que lors du renouvellement de cette délégation de service public, les prestataires cherchent, sur la base de ces résultats, à obtenir une baisse de l’ordre de 15 % de la redevance annuelle versée à la Ville. Celle-ci s’élève à 282 611 €. Dur dur pour une commune comme la nôtre !
Puis, le Conseil municipal a approuvé le 24 octobre dernier le principe de l’achat des murs de l’ancienne boucherie de la Basoche ainsi que ceux du restaurant chinois, situés au 4 allée Robillard, pour la modique somme de 360 000 €. Le plus surprenant dans cette acquisition vient du fait que le bail commercial conclu entre le restaurant chinois et l’ancien propriétaire est tout récent. Il a été signé en juillet 2010. Comme dans tout bail commercial, sa durée est de 9 années. La ville n’en maîtrisera le fonds de commerce pas avant 2019 au mieux ! Sauf à régler une importante indemnité d’éviction.
Monsieur le Maire souhaite installer en ces lieux des commerces de bouche, notamment une boucherie. D’abord, est-ce à lui de le faire ? A-t-il vocation à se transformer en agent immobilier spécialiste en locaux commerciaux ? Je lui souhaite surtout bon courage…et de faire preuve de ténacité, voire d’abnégation. Même les quartiers les plus animés de Paris peinent à attirer des commerces de bouche dans leur cœur de ville pour de multiples raisons.
Ces commerces sont dans une telle position de force qu’ils peuvent se permettre une forme de chantage à l’installation auprès des élus : je m’installe (avec, bien évidemment un loyer commercial bien inférieur aux prix du marché), en contrepartie, vous réalisez pour mon compte les premiers investissements de base (chambre froide, vitrines réfrigérées) ceci en totale contradiction avec le principe constitutionnel de liberté du commerce et de l’industrie. Bien évidemment, ces « aides » ne prémunissent en aucun cas des éventuels dépôts de bilan ultérieurs…
D’autre part, et cela devra figurer dans le cahier des charges, la ville doit obtenir l’engagement que le futur commerce à installer pratiquera des prix abordables et raisonnables.
La disparition des commerces de bouche en centre ville est un mal national, c’est un fait. Mais cette politique initiée par le Maire, louable au 1er abord, ne doit pas s’exercer à n’importe quel prix.
Sabrina ASSAYAG |